Histoire de la Bourgogne

La page consacrée à l’Histoire de la Bourgogne est en cours de modification. Il manque les dernières illustrations. Merci de votre compréhension.

La Bourgogne, située au carrefour de voies navigables, est une région chargée d’histoire qui croise régulièrement l’Histoire de France.

De la Préhistoire au Moyen-Âge

La Préhistoire en Bourgogne

L’Homme est présent en Bourgogne dès le Paléolithique :
– les grottes d’Arcy-sur-Cure, dans l’Yonne, ont abrité des hommes jusqu’à 200.000 ans avant notre ère, sans doute lors de diverses périodes de glaciation.
– le site de la célèbre roche de Solutré, au sud de la Saône-et-Loire, était déjà occupé par des chasseurs il y a 55 000 ans. Il a donné son nom à une période de la Préhistoire : le solutréen.

Au Néolithique, la Bourgogne est largement peuplée, car c’est une zone propice au développement de l’agriculture et de l’élevage. Les villages fortifiés apparaissent au IVème siècle avant Jésus-Christ.

Gaulois et Romains

cratère de Vix
Le vase (cratère) de Vix – au musée de Chatillon-sur-Seine (21) – Licence © Mon coin de Bourgogne


A partir de l’Âge de Bronze (-1800), différents peuples venus d’Europe Centrale se succèdent sur les terres de Bourgogne. Avec le travail du métal, le commerce se développe et la région prospère.
Le cratère de Vix, énorme vase de bronze découvert en 1953 près de Chatillon-sur-Seine en Côte d’Or et datant de -500 avant notre ère, témoigne de la richesse des échanges commerciaux avec la Grèce.

Vers -275, les peuples Celtes se sont implantés dans les territoires que Jules César nommera « les Gaules ». Notre future Bourgogne fait alors partie de la Gaule celtique, où se mêlent différentes tribus. Au Ier siècle avant J-C, Éduens et Séquanes se disputent le contrôle de la Saône. Le peuple Séquane, dont l’influence s’étend jusqu’au Jura et à la Franche-Comté actuels, occupe les territoires à l’Est de la Saône ; tandis que le peuple des Éduens occupe une vaste zone à l’ouest de la la Saône, de la Nièvre jusqu’à Beaune (en Côte d’Or).

 

Gaule en -59
Les peuples gaulois en – 59 avant J-C – par Christiano64 – Licence CC BY SA
Éduens - alliés et ennemis
Éduens, peuples alliés et ennemis – par Historicair – Licence CC BY SA

Les Éduens sont un peuple puissant, où le commerce et l’industrie métallique se sont fortement développés. Parmi eux se trouvent des forgerons, des émailleurs, … Leur capitale est située à Bibracte, au mont Beuvray (sud du Morvan) : César écrit dans « la Guerre des Gaules » que c’est l’oppidum le plus grand et le mieux pourvu des Éduens.
Les Éduens sont alliés aux Romains, avec lesquels ils commercent. En effet, Bibracte est située sur la route qui va de Chalon-sur-Saône à Nevers. Les marchandises circulaient par voie fluviale depuis la Grèce et le bassin méditerranéen, en remontant par le Rhône et la Saône, et passaient donc par le territoire éduen pour aller vers la Loire.

Monnaie des Éduens
Monnaie d’argent Éduens – par Philcotof – Licence CC BY SA
Guerriers Éduens
Guerriers Éduens
En -58, les Helvètes tentent d’envahir le territoire des Séquanes, menaçant aussi le territoire Éduen. Jules César, sous prétexte de venir en aide aux Éduens, repousse les Helvètes, puis entame la guerre des Gaules. Les Éduens se rallient aux Arvernes (peuple plus à l’ouest, dans l’actuelle Auvergne) et à leur chef, Vercingétorix : la Bourgogne est déjà au cœur de l’Histoire, car c’est à Bibracte que les tribus gauloises se regroupent pour affronter César. En -52, Vercingétorix et les Gaulois remportent la victoire à Gergovie. Mais en septembre 52 avant J-C, Vercingétorix et les tribus gauloises sont encerclés à Alésia dont César fait le siège pendant plusieurs semaines, jusqu’à la reddition de Vercingétorix. Après la victoire romaine, Bibracte est abandonnée au profit de la nouvelle grande ville romaine : Augustodunum, qui deviendra Autun.

 

Statue de Vercingétorix par le sculpteur Millet
Statue de Vercingétorix par Millet, édifiée à Alise Ste Reine (21) – photo Myrabella – Licence CC BY SA
Tableau de la Reddition de Vercingétorix
Tableau de la Reddition de Vercingetorix (peinture de Lionel Royer en 1899) – Licence domaine public

Ainsi, Bibracte d’abord, puis la ville d’Autun, témoignent de l’activité gallo-romaine en Bourgogne. Après la victoire de César, la paix s’installe dans la région jusqu’au milieu du Vème siècle après Jésus-Christ, à l’exception de quelques périodes d’invasion par les Alamands vers l’an 256 puis 275.

Le royaume de Burgondie

La région Bourgogne doit son nom aux Burgondes, peuple originaire de la Baltique qui investit la région vers le milieu du Vème siècle. Le royaume de Burgondie deviendra plus tard le Royaume de Bourgogne.

Carte de la Gaule avant Clovis
Royaume Burgonde au sein de la Gaule avant Clovis (source cosmovisions.com)
Carte du Royaume Burgonde - Vème siècle
Carte du Royaume Burgonde au Vème siècle – par G CHP – Licence CC BY SA

Là encore, l’histoire de la région va croiser l’Histoire de France : si Clovis fut le 1er roi des Francs, c’est en partie grâce à son épouse qui le poussa à se faire baptiser en 496. Or, cette épouse, c’est Clotilde, fille d’un roi Burgonde.

Représentation du Baptême de Clovis
Saint Rémi baptise Clovis (plaque en ivoire du IXème siècle) – Licence domaine public
Clotilde est représentée sur la gauche.

L’oncle de Clotilde, Gondevaud, est seul roi du vaste royaume de Burgondie à la fin du Vème siècle, après le décès de ses frères. Ce royaume s’étend des bords du lac de Constance jusqu’à Nevers à l’ouest, et jusqu’à Cavaillon pour sa limite sud.
Au début des années 500, Gondevaud promulgue la loi Gombette, qui fixe les règles à respecter par les sujets Burgondes, mais qui comporte des règles complémentaires spécifiques aux Gallo-Romains déjà implantés : elle établit le principe de l’hospitalité et d’une répartition harmonieuse des terres entre les deux peuples. Les Bourguignons inaugurent une tradition d’accueil.

En 534, le royaume Burgonde est conquis par les fils de Clovis. La Bourgogne actuelle revient essentiellement à Clotaire Ier.

Le Moyen-Âge

Durant tout le Moyen-Âge, alliances, mariages ou conflits familiaux déchirent ou renforcent les liens entre la Bourgogne et le royaume de France.

Haut Moyen-Âge

Les rois Mérovingiens (descendants de Clovis), intègrent le royaume de Burgondie au Royaume des Francs, tout en lui laissant son autonomie.
En 561, à la mort de Clotaire, son fils Gontran hérite du royaume de Burgondie. C’est à partir de cette époque qu’on parle du « Royaume de Bourgogne », mais cette appellation couvrira des entités géographiques aux contours mouvants, selon les alliances et successions.

À la fin du VIIIème siècle, Charles Martel prend le pouvoir sur le royaume Franc. Il divise le royaume de Bourgogne en quatre parties, dont la Bourgogne franque correspond approximativement à notre Bourgogne actuelle. Le territoire est morcelé en de multiples comtés, ou pagi (du latin pagus = pays), nouvelles entités administratives, toutes égales en puissance. Charlemagne (petit-fils de Charles Martel), unifie et agrandit encore le royaume Franc, en soumettant à son autorité les différents comtés. Mais en 843, après le décès de Charlemagne, le Royaume Franc est partagé entre ses 3 petits-fils selon le traité de Verdun.

 

Carte des Pagis bourguignons au IXe siècle
Carte des Pagis bourguignons au IXe siècle – par G CHP – Licence CC BY SA
Carte du partage de Verdun en 843
Carte du partage de Verdun en 843 – par FlyingPC – Licence CC BY SA
L’ancien royaume de Bourgogne est réparti entre Charles le Chauve et Lothaire :
  • la Bourgogne franque (composée de 19 pagi), qui deviendra le duché de Bourgogne, revient à Charles le Chauve
  • la Bourgogne impériale (composée de 23 pagi, dont quatre formeront plus tard le Comté de Bourgogne), revient à Lothaire. Elle sera plus tard rattachée à l’empire germanique.
C’est la Saône qui marque la frontière entre ces deux territoires.

Désormais, le terme « royaume de Bourgogne » désigne le territoire situé à l’est de la Saône, comportant la Bourgogne cisjurane et la Bourgogne transjurane (on dit aussi « basse Bourgogne » et « haute Bourgogne »). À l’ouest, la zone correspondant à notre Bourgogne actuelle est constituée de divers comtés, inféodés au roi de France.

Création du Duché de Bourgogne

Entre le IXème et le Xème siècle, c’est le regroupement de ces comtés qui va constituer le Duché de Bourgogne :
En 879, Boson, qui gouverne la Bourgogne cisjurane est proclamé roi de Provence à Vienne (en Isère). Son royaume s’étend des rives du Doubs aux rives de la Méditerranée. Mais son étendue inquiète les rois carolingiens.

Richard de Vienne, pourtant frère de Boson, vient en aide au futur roi Louis III. En récompense, il est nommé Comte d’Autun en 883. En 888, son mariage avec Adélaïde de Bourgogne lui apporte le comté d’Auxerre. Il chasse les Normands qui tentaient d’envahir la région. En 890, il acquiert le comté de Nevers, puis celui de Troyes en 894. En 898, il est autorisé à regrouper ses différents comtés, et devient alors marquis de Bourgogne. En 911, il chasse à nouveau les Normands.

En 918, Richard prend le titre de Duc de Bourgogne. Désormais connu sous le nom de Richard de Bourgogne, ou Richard le Justicier, il est le 1er des Ducs de Bourgogne. À sa mort, le Duché de Bourgogne regroupe, outre le comté d’Autun, tous les comtés aux alentours : comtés de Mâcon, Chalon, Sens, Auxerre, Tonnerre, Nevers, et Troyes.
Il faut bien comprendre que le Duché de Bourgogne est constitué de plusieurs comtés (pays ou pagi, zone géographique souvent autour d’une ville), qu’il ne faut pas confondre avec le Comté de Bourgogne (territoire approximatif de ce qui deviendra la Franche-Comté), qui regroupera seulement quatre pagi à partir de 982.
Sur la carte ci-dessous à gauche, le Duché est en marron foncé, tandis que le Comté est en jaune.

A la mort de Richard le Justicier en 921, son fils Raoul de Bourgogne lui succède pour diriger le Duché. Deux ans plus tard, il est nommé roi des Francs. C’est son frère Hugues le Noir qui devient Duc de Bourgogne. En 936, le beau-frère de Raoul, Hugues le Grand, de la famille des Robertiens, reçoit le tire de Duc de Bourgogne. Une nouvelle fois, l’Histoire de la Bourgogne croise l’Histoire de France, car Hugues le Grand est le père d’Hugues Capet, Roi de France à l’origine de la dynastie des capétiens.

 

Carte de la Bourgogne au Xe siècle
La Bourgogne au Xème siècle – par Marco Zanoli – Licence CC BY SA
Carte du Royaume franc en 987
Le royaume des Francs sous Hugues Capet en 987 – par Bourrichon – Licence CC BY SA

Ainsi, les descendants de Richard le Justicier ont été Ducs de Bourgogne par héritage ou mariage, à travers les lignées successives des Bosonides, des Robertiens, puis des Rois capétiens et Valois (pour ces derniers, voir ci-dessous), en parallèle avec les dynasties des Rois de France.

Du Moyen-Âge à la Renaissance

En 956, Otton, fils d’Hugues le Grand, succède à son père ; puis Eudes-Henri, frère de Otton, à la mort de celui-ci en 965. On le désigne ensuite sous le nom de Henri-le-Grand, ou Henri Ier de Bourgogne.
Henri de Bourgogne n’a pas d’enfant. Il adopte Otto-Guillaume, le fils de son épouse, issu d’un premier mariage de celle-ci. Le père d’Otto-Guillaume avait constitué pour lui le Comté de Bourgogne, regroupant quatre « Pagi » de Bourgogne situés à l’est de la Saône (rappelez-vous le partage de l’empire de Charlemagne en 743) : à partir de 982, Otto-Guillaume est considéré comme le 1er comte de Bourgogne … en fait, le territoire dont il est le suzerain correspond en partie à la future Franche-Comté.
En 1002, le Duc Henri Ier de Bourgogne décède sans héritier direct. Il avait désigné son beau-fils Otto-Guillaume pour lui succéder, et celui-ci est reconnu comme Duc par les grands de Bourgogne, réunissant alors sous son nom Comté et Duché de Bourgogne.

Mais le roi de France, Robert II dit le Pieux, fils d’Hugues Capet et neveu des précédents Ducs de Bourgogne Otton et Henri Ier, lui dispute le territoire du Duché. Otto-Guillaume finit par renoncer deux ans plus tard, se retirant dans le Comté de Bourgogne, qui reste rattaché à l’empire germanique.
En 1004, le roi de France Robert II dit le Pieux, annexe le Duché de Bourgogne. Il n’en sera vraiment maître qu’une dizaine d’années plus tard, après avoir affronté les derniers partisans d’Otto-Guillaume. Robert II le Pieux transmet le Duché à son 2ème fils en 1016.

Désormais, le Duché de Bourgogne est un « apanage » des Rois capétiens, c’est à dire une concession de terres et de fiefs consentie par le souverain régnant à ses fils, filles ou gendres exclus de sa succession, celle-ci étant réservée au fils aîné. La ville de Dijon devient la capitale du duché en l’an 1016.

Les capétiens en Bourgogne

Pendant plus de trois siècles, quatorze Ducs capétiens vont se succéder pour diriger le Duché de Bourgogne.

Aux XIème et XIIème siècle, le développement des abbayes de Cluny et de Cîteaux contribue au rayonnement spirituel, mais aussi économique, culturel et artistique de la Bourgogne.

En 1318, Jeanne III de Bourgogne épouse le Duc de Bourgogne, Eudes IV. En 1330, elle devient comtesse de Bourgogne suite au décès de sa mère. Les fils de Jeanne III et Eudes IV étant décédés avant eux, c’est leur petit-fils Philippe de Rouvres qui hérite de leurs possessions : en 1347, à la mort de Jeanne III, il hérite du comté de Bourgogne ; puis deux ans plus tard, le Duché de Bourgogne lui revient à la mort de Eudes. Le Comté et le Duché de Bourgogne sont à nouveau réunis. Pas pour longtemps !
La 1ère lignée de la maison capétienne des Ducs de Bourgogne prend fin en 1361, avec la mort sans héritier de Philippe de Rouvres, mort de la peste à l’âge de 15 ans. De 1361 à 1363, le Duché est rattaché au royaume de France.
En 1364, le roi de France Jean II le Bon donne en apanage le Duché de Bourgogne à son quatrième fils : Philippe II dit le Hardi. Jean II le Bon étant un descendant des Valois, le duché de Bourgogne est désormais attaché à la maison des Valois.

 

carte de l’état bourguignon en 1363

État bourguignon au XIVème siècle

Le siècle d’or de la Bourgogne

De 1364 à 1477, le duché de Bourgogne passera de père en fils au sein de la maison des Valois de Bourgogne : Philippe le Hardi, Jean sans Peur, Philippe le Bon, puis Charles le Téméraire développent tour à tour le Duché.

En effet, par son mariage avec Marguerite III de Flandre en 1369, Philippe le Hardi agrandit le Duché de Bourgogne, puisque Marguerite était l’héritière des comtés de Flandre, d’Artois, de Nevers et du Comté de Bourgogne. Sept de leurs enfants, devenus adultes, épousèrent eux-mêmes des héritiers des royaumes de Bavière, de Hollande, de Luxembourg et d’Autriche, ou des comtés de Hainaut et de Picardie. Dès lors, on parle d’état bourguignon, dont l’emprise s’étendra jusqu’au nord des Pays-Bas. Toutefois, on parle aussi d’états bourguignons au pluriel, car les territoires nord (pays de par-deçà) et sud (pays de par-delà) ne furent jamais totalement unifiés.

C’est Philippe le Hardi qui institua le premier « parlement de Bourgogne » à Beaune. Ce parlement réunissait les trois états (Clergé, Noblesse, Tiers-État) afin d’examiner les demandes d’impôts du Duc. Philippe le Hardi a fondé la chartreuse de Champmol, près de Dijon, en 1383, afin d’en faire la nécropole des ducs Valois de Bourgogne. Mécène et amateur d’art, il a convoqué de célèbres artisans de son époque pour y contribuer. Il donna à son épouse Marguerite de Flandre le petit château de Germolles pour en faire l’une de leurs résidences. Enfin, il contribua à l’amélioration de la production de vin en Bourgogne, puisqu’en 1395, il fixe une sorte de décret alimentaire pour privilégier le cépage du pinot noir afin d’améliorer la production sur ses terres.

Cependant, le développement du Duché, tant sur le plan territorial et administratif, que sur le plan économique et culturel, fera de ce territoire un rival puissant du royaume de France. Cette rivalité est particulièrement exacerbée en cette période où la guerre de Cent Ans oppose Français et Anglais, en parallèle au conflit entre les Armagnacs (partisans du Dauphin Louis d’Orléans, frère cadet du roi de France) et les Bourguignons, qui s’allient aux Anglais.

Jean-sans-peur, fils de Philippe le Hardi, est devenu duc en 1404, à la mort de son père. Il fait assassiner son cousin, Louis d’Orléans en 1407, ce qui déclenche le conflit avec les Armagnacs. Jean-sans-peur est assassiné à son tour en 1419. Son fils unique, Philippe le Bon, lui succède et règnera sur le duché de Bourgogne pendant presque cinquante ans. Grâce à divers héritages et quelques conquêtes, il est à la tête du plus grand territoire que couvrira jamais la Bourgogne, allant jusqu’aux « Pays-bas bourguignons ». Lors de son mariage avec Isabelle de Portugal, il fonde l’ordre de la toison d’or. En 1435, il signe la paix avec les Armagnacs. Amateur d’art, Philippe le Bon développe le palais des Ducs de Bourgogne à Dijon, en le dotant d’une façade flamboyante. Son conseiller, Nicolas Rolin, est à l’origine de la création des Hospices de Beaune, où l’on perçoit fortement l’influence des artistes flamands. En 1467, à la mort de Philippe le Bon, son fils aîné Charles de Valois-Bourgogne, dit Charles le Téméraire, lui succède. A son tour, il rêve d’unifier ses possessions pour constituer un royaume entre France et empire germanique. Il guerroie alors contre le roi de France, mais dilapide ses richesses et perd le soutien des Autrichiens et des Anglais. Charles le téméraire trouve la mort à Nancy au cours d’une bataille contre le duc de Lorraine en janvier 1477. Charles le Téméraire n’avait aucun descendant masculin, son unique héritière directe était sa fille, Marie de Bourgogne. Louis XI, roi de France, revendique la souveraineté sur les terres de Bourgogne qui se soumettent à son autorité dès 1477, malgré les efforts de Marie pour sauvegarder l’ensemble des terres de son père. Les territoires du nord et le Comté de Bourgogne reviennent à l’empire germanique, par le mariage de Marie de Bourgogne avec le futur empereur Maximilien Ier de Habsbourg. Le Comté ne reviendra à la France qu’en 1678.

Le Duché de Bourgogne est définitivement intégré au domaine royal en 1482, avec le statut de « province frontière ». Mais la Bourgogne conserve son Parlement, transféré à Dijon en 1480, jusqu’à la Révolution. Le titre de « Duc de Bourgogne » ne sera plus utilisé pendant 2 siècles. Il sera attribué en 1682 au petit-fils de Louis XIV (en tant que fils aîné du Dauphin) ; mais après la Révolution, il ne sera plus porté qu’à titre honorifique.

A partir du XVIème siècle

Désormais, l’histoire de la Bourgogne se confond avec celle de la France.

Voici encore quelques dates marquantes : En 1542, la généralité de Bourgogne est créée par le roi Henri II pour administrer la région en lien avec le gouvernement central. Le protestantisme se propage en Bourgogne comme dans le reste de la France, au début du XVIème siècle. Par contre, le massacre de la St Barthélémy est évité en Bourgogne, le lieutenant-général ayant refusé d’exécuter l’ordre de massacre des protestants. En 1790, 4 départements sont constitués : la Côte d’Or (21), la Nièvre (58), la Saône-et-Loire (71) et l’Yonne (89). Lors de la 2de Guerre Mondiale, la ligne de démarcation passe par la Bourgogne, longeant le Doubs puis la Saône et le canal du Centre. Un maquis verra le jour dans le Morvan. En 1944, Frère Roger installe une communauté œcuménique à Taizé (71), qui accueillera d’abord des juifs réfugiés, puis de jeunes chrétiens du monde entier, prolongeant ainsi la tradition d’accueil de la Bourgogne. En 1981, François Mitterrand, élu de la Nièvre, accède à la présidence de la République. Tous les ans, il accomplissait la montée de la roche de Solutré. La boucle est bouclée : décidément, la Saône-et-Loire et la Bourgogne sont indissolublement liées à l’Histoire de France ! C’est d’ailleurs sous la présidence de François Mitterrand que sont créées les régions en 1982, dont la région Bourgogne. 😉

Depuis le 1er janvier 2016, la Bourgogne et la Franche-Comté sont (à nouveau) réunies en une seule et même région. Cependant, ce site, commencé en 2012, se consacre à la Bourgogne au sens de ses limites de 1982, et plus particulièrement à la Bourgogne du Sud pour des raisons personnelles.

Le développement économique

L’histoire économique de la Bourgogne se fonde sur l’agriculture et la sylviculture. Le bois du Morvan a chauffé Paris durant le XVIIIème siècle. Terre d’élevage, la Bourgogne est réputée pour sa viande charolaise, ses volailles, ses fromages, … et ses escargots ! Et bien sûr, la région est connue pour ses vignobles qui ont donné naissance à des crus de légende. La Bourgogne possède également ses richesses industrielles : au XVIIIème siècle, la cristallerie royale du Creusot rivalise avec celle de Baccarat pendant de nombreuses années. Elle est ensuite reprise et transformée avec le complexe sidérurgique du Creusot – Monceau-les-Mines qui se développe au XIXème siècle, en parallèle de l’exploitation des mines du Nivernais et du Chatillonais. Aujourd’hui encore, la ville du Creusot est centrée sur l’industrie dans le domaine de l’acier, avec par exemple Alstom ou le groupe Framatome (anciennement Areva).

Et pour finir, notons que Chalon sur Saône fut le berceau de la photographie au XXème siècle !

Quelques hommes célèbres originaires de Bourgogne

Au-delà des hommes qui ont marqué l’histoire de la Bourgogne proprement dite, de nombreux Bourguignons sont connus au-delà de la région pour leur apport à la France toute entière. Voici une petite sélection (personnelle) :

  • Sébastien le Prestre, marquis de Vauban (1633 – 1707) : ingénieur et architecte militaire, maréchal de France sous Louis XIV
  • Buffon (1707-1788) : à la fois homme de lettres et scientifique, créateur du Jardin des Plantes de Paris
  • Lamartine (1790 – 1869) : poète, auteur romantique et homme politique
  • Gustave Eiffel (1832 – 1923) : ingénieur et constructeur
  • Chanoine Félix Kir (1876-1968) : prêtre, député-maire de Dijon … et créateur du mélange « blanc-cassis » appelé kir
  • Mitterrand (1916-1996) : élu de la Nièvre, puis Président de la République

Et pour la jeune génération, n’oublions pas les Bourguignons d’aujourd’hui, comme Florent Pagny ou Antoine Griezman.

Et les femmes célèbres de Bourgogne

La Bourgogne est aussi la terre d’origine de quelques femmes célèbres ou qui ont contribué à faire évoluer les mentalités :
  • Jeanne Baret (1740 – 1807) : 1ère femme navigatrice à faire le tour du monde
  • Colette (1873 – 1954) : femme de lettres et romancière
  • Claudie Haigneré (née en 1957) : bachelière à 15 ans, médecin, chercheuse au CNRS, 1ère femme spationaute en Europe, ministre de 2002 à 2005, conseillère auprès du Directeur de l’Agence spatiale européenne.

Résumé de l’histoire de la Bourgogne

Si vous voulez connaître l’essentiel de l’Histoire de la Bourgogne, ce résumé est une reprise de l’ancien contenu de cette page.

La Bourgogne est une région chargée d’histoire : le site de la célèbre roche de Solutré, à 8 km de Mâcon, prouve que des hommes vivaient là il y a 55 000 ans.

Deux siècles avant Jésus-Christ, les Éduens constituent un peuple gaulois prospère, vivant à l’Ouest de la Saône.
C’est à Bibracte, située sur le Mont Beuvray, que prend forme l’alliance entre les peuples gaulois contre César, liant déjà l’histoire locale à l’Histoire nationale.
Bibracte, Alésia, et la ville d’Autun (Augustodunum) témoignent de l’activité gallo-romaine en Bourgogne.

La région doit cependant son nom aux Burgondes, peuple originaire de l’Est du Rhin qui investit la région vers le milieu du Vème siècle. Le royaume de Burgondie deviendra plus tard le Royaume de Bourgogne.

Au début du Moyen-Âge, le royaume de Bourgogne est scindé en de multiples comtés, rattachés au royaume des Francs. Après la mort de Charlemagne, les terres de l’empire carolingien sont partagées. En 880, Richard II de Bourgogne (Richard le justicier) fonde le Duché de Bourgogne, constitué des comtés de Mâcon, Chalon, Sens, Auxerre, Tonnerre, Nevers, et Autun. Durant le Moyen-Âge, le Duché de Bourgogne sera opposé au Comté de Bourgogne, devenu l’actuelle Franche-Comté.

Aux XIème et XIIème siècles, le développement des abbayes de Cluny et Citeaux contribue au rayonnement spirituel, mais aussi économique, culturel et artistique de la Bourgogne.

En 1369, Philippe le Hardi étend le territoire du Duché de Bourgogne jusqu’aux actuels Pays-Bas, par son mariage avec Marguerite III de Flandre. Au cours des siècles suivants, Philippe le Hardi, Jean sans Peur, Philippe le Bon, Charles le Téméraire développent tour à tour le royaume de Bourgogne, rival du puissant royaume de France. Le Duché de Bourgogne ne sera rattaché au royaume de France qu’à la fin du XVème siècle, en 1480, après la mort de Charles le Téméraire. Pourtant, la Bourgogne conserve ses États et son Parlement, situé à Dijon, jusqu’à la Révolution. Ensuite, son histoire se confond avec celle de la France.

L’histoire économique de la Bourgogne se fonde sur l’agriculture et la sylviculture. Terre d’élevage, la Bourgogne est réputée pour sa viande charolaise, ses volailles, son fromage mais aussi pour ses régions viticoles qui ont donné naissance à des crus de légende. La Bourgogne possède également ses richesses industrielles avec le complexe sidérurgique du Creusot – Monceau-les-Mines qui se développe au XIXème siècle.

Et Chalon-sur-Saône sera le berceau de la photographie au XXème siècle !

En 1981, François Mitterrand, élu de la Nièvre, accède à la présidence de la République. Tous les ans, il accomplissait la montée de la roche de Solutré. La boucle est bouclée : décidément, la Saône-et-Loire et la Bourgogne sont indissolublement liées à l’Histoire de France !


Blason de Bourgogne

Les armes de la Bourgogne se blasonnent ainsi :

Les armoiries reflètent l’Histoire de la région : elles combinent les armoiries des ducs de Valois (1 et 4) avec celles des ducs capétiens (2 et 3).
Écartelé : au premier et au quatrième, d’azur semé de fleurs de lys d’or à la bordure componée de gueules et d’argent (blason de Philippe le Hardi, comte de Touraine) ; au deuxième et troisième, bandé de six pièces d’azur et d’or à la bordure de gueules (blason des Ducs de Bourgogne Capétiens).

Blasons des 4 départements

Voici les blasons des 4 départements de Bourgogne :

blason21

Blason de la Côte d’Or (21)

blason58

Blason de la Nièvre (58)

blason71

Blason de la Saône et Loire (71)

blason89

Blason de l’Yonne (89)

Page mise à jour le 16 mai 2020

17 réponses sur “Histoire de la Bourgogne”

  1. Bonjour,
    je viens vers vous car je suis à la recherche de charcuterie artisanale de bourgogne connaissez vous un peu ?
    Je connais bien le site tetedelard.com . En revanche ils n’ont pas de bourgogne, ils sont multi-régionaux il faudrait leur proposer quelques producteurs car c’est une région qui dégage pleins de bons produits, en vin mais aussi en charcuterie il me semble ?

    Moi j’aime bien l’article on en apprend toujours un peu plus, comme dans vos articles sur le vin, c’est top !

    1. McB dit :

      Merci du commentaire. Par contre, non, je ne connais pas spécialement de charcuterie artisanale.

  2. Jean dit :

    Bonjour,
    Comment Refuser les cookies, je ne vois pas le bouton « Je refuse » dans le bandeau, le RGPD dit qu’on ne peut pas forcer le visiteur a accepter les cookies.
    On peut révoquer son consentement ?
    Merci

    1. McB dit :

      J’ai ajouté le bouton pour refuser. Ceci dit, ma page d’informations explique comment régler son navigateur pour refuser les cookies. Par ailleurs, je vous précise que mon site n’est pas concerné par le RGPD : il ne relève ni d’une entreprise, ni d’une administration, ni d’une association.

      Il (le RGPD) s’applique à toutes les entreprises (y compris leurs comités d’entreprise), les administrations et les associations, qui traitent des données à caractère personnel (source : site de la CNIL)

  3. Losson Jacqueline dit :

    J’ai oublié de rajouter que j’ai lu avec plaisir tout les textes sur l’Abbaye. C’était fort intéressant à moi maintenant d’aller plus avant dans l’histoire. Justement nous devons organiser une sortie sur les traces des églises romanes de Bourgogne autour de Tournus. Là encore si des passionnés d’Histoire peuvent donner des idées nous sommes preneur…
    Encore Merci.
    Jacqueline Losson

    1. Flo dit :

      Ne manquez pas l’église de Brancion, et la vue sur l’église de la Chapelle-sous-Brancion !
      Et bien sûr, il faut aussi voir l’église de Chapaize.

  4. Losson Jacqueline dit :

    On nous a raconté, ici à Tournus, que la ville de Tournus fut fondé par des Anatoliens…. J’ai cherché des infos sur cela mais je n’ai rien trouvé. Peut-être que quelqu’un passionné d’Histoire pourrait nous informer?

    Y a-t-l une Histoire dans l’Histoire qui dit que des gens où des religieux venant d’Anatolie se seraient installés sur les terres de Bourgogne au bord de la Saône avant les premiers Cisterciens où les premiers Hongrois ? où même avant la construction de l’Abbaye ?

    Nous serions contents d’en savoir plus sur cette belle ville.
    Merci.

    1. Flo dit :

      Hélas, je ne suis pas assez calée en Histoire pour vous en dire plus …

  5. Marie-Laure dit :

    Initiative intéressante et sympathique. Le site est clair. Je ne comprends pas la critique du 1er commentaire que je ne partage pas, dont la forme est agressive et qui ne fait pas de suggestions.

  6. aurelie dit :

    Très clair et synthétique. Bravo.

  7. Je trouve ça bien. En tout-cas mon coin de Bourgogne est mieux que Wikipédia !!!!!

  8. Jean-Henri III dit :

    Votre site est vraiment nul car on ne pige absolument rien.

    1. LOL dit :

      Ah ben faut savoir lire et réfléchir aussi hein…

      1. Rihab dit :

        looool :))

    2. Jean Avenel dit :

      Bonjour,
      Le site n’est pas nul, il a besoin de se développer, cela se fera avec le temps.
      Je trouve bizarre que les images soient hébergées sur un autre site, cela ralentit leur affichage.

      on aimerait des images d’au moins 980 pixels de largeur pour mieux voir, on aimerait mieux voir les images du bandeau, il y a des cartes, on aimerait pourvoir les agrandir mais je suis sûr que c’est un futur projet du webmaster.

      J’ai toujours été nul en géographie, j’avoue, en voyant Hospices de Beaune, je ne sais pas dans quel département cela se situe, merci Google, c’est la Côté d’Or , mais pas bon de devoir chercher ailleurs, il y a une amélioration à faire au niveau du menu de navigation, dans le menu Sites Touristiques, ajouter un sous-menu par département, surtout ne pas créer de page pour ça mais un lien non cliquable, comme il est dit sur wpchannel

      J’aurai peut-être choisir une autre couleur que le jaune pour le menu, même si cela fait penser au soleil, ce n’est une couleur que tout le monde apprécie, j’en fais partie. (…) Peut-être que je l’aurais mis en orange, ou en rouge, voir en bleu mais là changer le fond du site

      Bonne continuation, WordPress 4.6 est superbe, rapide. (…)
      vzenel

      1. Flo dit :

        Concernant les images, vous avez tout à fait raison, c’est un « reste » de mon ancien site. Je n’ai pas pris le temps de rapatrier ici les anciennes photos.
        Ok aussi pour pouvoir agrandir les photos, j’ai mis en place une extension de « Lightbox », mais ce n’est peut-être pas encore fonctionnel sur toutes les pages.

        Concernant les sites touristiques, il y a l’onglet « Sites touristiques » général sur lequel se trouve une carte (on peut zoomer / dé-zoomer).
        Un menu par département n’aurait aucun intérêt : sur 15 sites actuellement chroniqués, 12 se situent en Saône-et-Loire, 2 en Côte d’Or, et un (le Morvan) couvre les quatre départements. En effet, mon site est centré sur Chalon-sur-Saône : c’est « mon coin de Bourgogne » que je présente, plus particulièrement.

        Quant aux couleurs de la charte graphique, ce sont justement … celles du blason de Bourgogne 😉

      2. Jean Avenel dit :

        Bonjour,

        J’ai vu la page Sites touristiques mais il faut que le visiteur pense à aller là, c’est ce que je vous disais, pas bon de devoir chercher ailleurs.
        Donc vous avez 12 Saône-et-Loire, 2 Côte d’or, 1 Morvan, merci du renseignement, cela est bien utile. (…)

        Pour les couleurs, oui les couleurs de la Bourgogne, je n’avais pas fait attention à ça. C’est le jaune qui bloque, encore en écriture, ça va mais en fond, j’aurai peut être inversé, fond rouge et écriture jaune.
        J.Avenel

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